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MESSAGE DU PRÉSIDENT FELIX TSHISEKEDI 
A L’OCCASION DE LA CLÔTURE DE LA MATINÉE POLITIQUE DU RASSEMBLEMENT DES FORCES POLITIQUES ET SOCIALES ACQUISES AU CHANGEMENT
TENUE A KINSHASA LE LUNDI 24 AVRIL 2017

Monsieur le Président du Conseil des Sages,
Messieurs les Présidents des Composantes Membres du Rassemblement,
Mesdames et Messieurs tout protocole observé,
Combattantes et Combattants,
Chers Compatriotes,

Nous sommes rassemblés ce jour pour commémorer l’avènement du multipartisme, du pluralisme syndical et de la liberté de la presse obtenus de haute lutte par notre peuple voici exactement 27 ans.

Lorsque le 24 avril 1990, le Président MOBUTU annonce - non sans émotion dira-t-il -, la fin du parti-Etat, à la tête duquel lui-même trônait sans partage depuis son coup d’état de novembre 1965, il cédait, devant la pression exercée par notre peuple, sous la houlette d’Etienne TSHISEKEDI WA MULUMBA et de ses compagnons de lutte que sont notamment Frédéric KIBASSA MALIBA, Marcel LIHAU, Vincent MBWAKIEM, Gabriel KYUNGU WA KUMWANZA, Anaclet MAKANDA et d’autres encore qui tous, ont marqué l’histoire de notre pays.

 

Ici, et devant vous, je salue ces combattants de la liberté et leur rends en votre nom à tous, l’hommage qu’ils méritent.

Chers Compatriotes,

L’ouverture démocratique du 24 avril 1990 a démontré que rien ne peut résister à un Peuple déterminé à s’affranchir d’un régime d’oppression.

Quelle que soit la puissance d’un tyran, le Peuple demeure le souverain primaire, à qui revient le dernier mot.

Le 24 avril 1990 est devenu, ainsi, l’une des dates marquantes de l’histoire de la lutte glorieuse de notre Peuple pour la conquête de sa dignité et des libertés fondamentales.

Depuis cette date, les Congolais n’ont cessé de se battre avec détermination contre les tentatives répétées de ceux qui se sont succédé au pouvoir dans notre pays, de remettre en cause le nouvel ordre démocratique issu de la victoire du 24 avril 1990.

De la Conférence Nationale Souveraine à ce jour, des milliers de nos compatriotes ont payé de leur sang, la défense des acquis démocratiques.

Chers Compatriotes,

Au nom de tous les Congolais, je pense à tous nos héros, à tous nos martyrs tombés au champ d’honneur pour que vive à jamais la démocratie, l’Etat de droit, les libertés publiques, le respect des droits humains et le progrès social dans notre cher, beau et grand pays, la République Démocratique du Congo. Je pense aussi à toutes leurs familles avec lesquelles le Rassemblement partage la même douleur.

En leurs mémoires, je vous demande de bien vouloir vous lever, pour observer un moment de silence.

Souvenons-nous Mesdames et Messieurs : la première estocade tendant à briser l’espoir né le 24 avril 1990 vient de Monsieur MOBUTU lui-même.

En effet, en lieu et place du multipartisme intégral et digne de ce nom, le régime inonde l’échiquier politique, comme mécanisme de conservation du pouvoir, des partis nourris à ses mamelles et travestit ainsi la noblesse de cette démocratie naissante.

Comme il fallait s’y attendre, ces manœuvres politiciennes, qui privaient le peuple de sa victoire pacifique, vont notamment exacerber des luttes armées anciennes et nouvelles dégénérant en ce qui a été qualifié de première guerre mondiale d’Afrique.

Les conséquences sur la vie de la nation de ces convulsions, nées de la volonté du Président de la République de l’époque de demeurer en place par défi, ont été d’une gravité incommensurable : six millions de morts en dix-ans.

Certes le Président MOBUTU a été chassé, mais en réalité un groupe politico-militaire, surgi de nulle part, s’est accaparé du pouvoir, conduisant le pays à une partition de fait sur fond d’une instabilité généralisée et d’une situation économique et sociale catastrophique.

Chers Compatriotes,

Fort heureusement, rattrapées sans doute par l’esprit du 24 avril 1990 et appuyées par les partenaires extérieurs, la classe politique et la société civile vont se retrouver en Dialogue inter-congolais à Sun-City.

A ce Forum, les Congolais poursuivent trois objectifs : réaliser la réunification du pays, lui assurer une stabilité politique et lui garantir l’alternance démocratique de manière à placer définitivement la République sur le chemin du progrès.

A cet effet, fut scellé un pacte républicain dûment coulé dans la Constitution de février 2006, approuvée par référendum par une large majorité de la population. Aux termes de ce pacte, il est stipulé que le mandat du Président de la République est de cinq ans renouvelable une seule fois. C’est donc clairement un bail, octroyé par le peuple propriétaire des lieux, dont la durée est de cinq ans minimum et de dix ans maximum. Pour que nul ne soit tenté d’y déroger, cette disposition est verrouillée dans notre Constitution en son article 220.

Chers Compatriotes,

Se doter des règles est une chose. En faire un usage conforme à sa lettre et à son esprit en est une autre. Où donc en sommes-nous, depuis la mise en vigueur de la Constitution de 2006 ?

Deux élections présidentielles ont été organisées l’une en 2006 et l’autre en 2011. Toutes ont été entachées de fraudes et d’irrégularités au bénéfice de Monsieur KABILA et ont été, de ce fait, contestées.

Par ailleurs, il n’échappe à personne que l’unité du territoire national n’est que virtuelle, car les frontières de notre pays sont demeurées à ce point poreuses, qu’elles laissent aux trafiquants et aux bandes armées de tout bord le loisir d’aller et venir en toute quiétude.

L’autorité de l’Etat est en perpétuelle déliquescence, non seulement à l’Est dans les provinces du Kivu et du Katanga, mais désormais aussi, et d’une manière tragique et barbare, dans le Centre du pays au Kasaï.

Aujourd’hui, la réalité de faits a dépassé l’imaginaire. Dans ces contrées, massacres et autres crimes contre l’humanité sont quotidiennement perpétrés. Plus de 40 fosses communes ont été identifiés et des méthodes d’un autre âge ont été utilisées pour sacrifier des vies humaines au vu et au su du monde entier. Ainsi, à l’horreur s’est ajouté l’opprobre pour notre pays manifestement devenu, depuis l’avènement de Joseph Kabila, un non-Etat.

Comment de telles ignominies peuvent elles se commettre et faire rester impunies ? Le Rassemblement exige au Gouvernement des explications ainsi qu’une enquête indépendante internationale.

Chers compatriotes,

Compte tenu de l’extrême gravité des atrocités que je viens de mentionner, je vous demande une fois de plus de vous lever pour observer un moment de silence en mémoire des victimes.

Que dire du quotidien du Congolais, balloté entre des écoles sans bancs, sans manuels scolaires, gratuité de l’enseignement non assurée, des enseignants sous-payés et des hôpitaux sans subsides devenus des mouroirs. Les entreprises, après un moment de reprise, sont aujourd’hui pour la plupart à l’arrêt, et aucun investisseur, national ou étranger, n’ose plus s’aventurer dans une République Démocratique du Congo placée au bas du tableau du classement mondial dans le rapport 2017 de « Doing Business ».

Au Congo de Kabila, les chefs de famille, pères et mères, vivent d’expédients puisque privés d’emplois, mais tentent malgré tout de rester dignes. Qu’ont donc fait les Congolais pour vivre dans un pays pourtant béni de Dieu, mais sans accès régulier ni à l’électricité ni à l’eau potable et sans dispositif de prise en charge de santé. Où sont donc passés les cinq chantiers ? Le régime Kabila, qui est quand même là depuis 2001, est réduit à ne refaire que le pavement de quelques routes à Kinshasa, en laissant pour compte celles des dessertes agricoles, pour y parader des chars de combat, alors que l’Etat est incapable d’assurer la défense des frontières de la République sans la MONUSCO. Et le fameux franc congolais monnaie de l’émergence ? Même les taxi-pousseurs préfèrent être payés en dollar américain. Quant au cadre macro-économique dont la rigueur dans son encadrement allait faire le bonheur des Congolais, il a carrément disparu des radars.

En dépit du fait que le pays, dont il est à la tête, voit ainsi son rang décliner inexorablement dans le concert des nations, Monsieur Joseph KABILA, au pouvoir, je le rappelle, depuis 16 ans dont dix sous le régime de la Constitution, veut se perpétuer au pouvoir au terme de son second et dernier Mandat constitutionnel, voulant à son tour porter la seconde estocade à l’esprit du 24 avril 1990, par la liquidation du pacte républicain.

En effet, décidé à briguer un troisième mandat alors que la Constitution le lui interdit, Monsieur Joseph KABILA déploie délibérément, depuis 2015, la stratégie du blocage du processus électoral, du chaos institutionnel et de répression de toutes contestations de son régime qui de plus en plus dérive vers le totalitarisme.

Ainsi, par la volonté d’un seul homme, défiant tout un peuple, oui, 80 millions de Congolais, la République Démocratique du Congo se trouve, depuis la fin du second et dernier mandat présidentiel de Monsieur Joseph KABILA, le 19 décembre 2016, dans la situation cocasse d’un pays dont les dirigeants à mandats électifs, à tous les niveaux du pouvoir d’Etat, n’ont plus aucune légitimité démocratique. La réalité est que la République Démocratique du Congo, croupit dans un régime de coup d’Etat constitutionnel permanant à peine voilé.

Non, le vaillant Peuple congolais ne peut ni accepter un tel recul ni rester longtemps dans une telle crise de légitimité sans se condamner à végéter indéfiniment dans la misère et en marge des progrès de l’humanité.

C’est là le sens de notre combat, c’est là le défi de notre génération.

C’est ainsi que, bien qu’affaibli par les multiples épreuves corporelles subies durant plus de trente années de lutte, Etienne TSHISEKEDI WA MULUMBA décide de rassembler les Congolaises et les Congolais pour non seulement, organiser la résistance, mais davantage encore, pour combattre la résurgence de la dictature que Joseph KABILA voudrait continuer à imposer à la nation.

Chers Compatriotes,

Trois temps marquent l’ultime initiative prise par Etienne TSHISEKEDI WA MULUMBA pour à nouveau tenter de sauver le Congo.

La première étape est la publication, fin 2014, d’une feuille de route pour la tenue d’un Dialogue devant mettre face à face Monsieur Joseph KABILA et son camp d’une part et le Président de l’UDPS ainsi que ceux qui partagent sa vision d’autre part.

Suite à la feuille de route, le Président TSHISEKEDI lance un appel aux forces politiques et sociales acquises au changement pour se rassembler autour de lui, afin de consolider et de promouvoir la démocratie. A l’issue de leur conférence de Genval du 8 au 10 juin 2016, ces forces, à savoir : UDPS, G7, DYNAMIQUE DE L’OPPOSITION, ALTERNANCE POUR LA REPUBLIQUE, G14, CONVENTION DES REPUBLICAINS, MAJORITE PRESIDENTIELLE POPULAIRE, FRONT DU PEUPLE, SOCIETE CIVILE, créent le Rassemblement, cadre stratégique et unifié de réflexion et d’action commune.

Cette initiative d’unification des forces politiques et sociales a été massivement saluée par le Peuple congolais, qui l’a manifesté par l’accueil triomphal réservé au Président du Conseil des sages du Rassemblement, Etienne TSHISEKEDI WA MULUMBA, le 27 juillet 2016 et par sa participation tout aussi massive qu’impressionnante au meeting organisé le 31 du même mois.

Le troisième temps fort appartient au Rassemblement, qui est parvenu à imposer au camp de Joseph KABILA la tenue effective du Dialogue inclusif et la conclusion de l’Accord, dit de la Saint Sylvestre, du 31 décembre 2016, sous la facilitation de la CENCO.

Comme vient de le rappeler la CENCO dans sa déclaration du 20 avril en cours, les parties prenantes à cet Accord, à savoir, la Majorité présidentielle et alliés, d’un côté, et, de l’autre, le Rassemblement, dont j’ai personnellement conduit la délégation, le Front pour le respect de la Constitution et la Société civile, ont convenu des fondamentaux qui forment un dispositif juridique et institutionnel cohérent pour conduire aux élections au plus tard à fin décembre 2017 et dans le respect tant de la constitution que des normes démocratiques.

Il s’agit notamment de :

pas de modification ni de changement de Constitution pendant la période préélectorale et électorale ;
pas de référendum pendant la même période
pas de troisième mandat pour Monsieur Joseph KABILA arrivé au terme de son second et dernier mandat présidentiel le 19 décembre 2016 ;
tenue des élections présidentielle, législatives et provinciales au plus tard le 31 décembre 2017 ;
redynamisation de la Commission Electorale Nationale Indépendante, CENI, afin d’assurer son indépendance et sa neutralité ;
décrispation politique impliquant la levée de toutes les entraves aux activités de tous les partis et leaders politiques, la fin du dédoublement des partis de l’opposition, la libération des détenus politiques et d’opinion, l’arrêt des procédures judiciaires à motivation politique ainsi que la libération des médias publics et privés ;
participation inclusive des parties prenantes à la gestion des affaires publiques pendant la période préélectorale et postélectorale afin de se sécuriser mutuellement et d’éviter un nouveau blocage du processus électoral par l’une d’entre elles ;
garantie de mise en œuvre de l’Accord et de bonne fin du processus électoral non seulement par une institution d’appui à la démocratie, le Conseil National de Suivi de l’Accord, CNSA, représentatif des parties prenantes et dirigé par le Président du Conseil des sages du Rassemblement, mais aussi par la présentation du Premier Ministre, chef du Gouvernement de la République, par le Rassemblement à la nomination du Président de la République.

Chers compatriotes,

L’Accord de la Saint Sylvestre a été approuvé par le Peuple congolais, toutes sensibilités politiques et sociales confondues. Il est soutenu par la communauté internationale notamment à travers la résolution 2348 du Conseil de sécurité des Nations Unies, les déclarations des dirigeants de l’Union Africaine et les prises de position respectives de l’Union Européenne, de la France, de la Belgique et des Etats-Unis d’Amérique.

Contrairement à ce qui se dit et se fomente au niveau des officines du pouvoir en place, le combat que mène le Rassemblement n’est pas, et ne peut être, celui des postes ministériels, quels qu’ils soient. Au contraire, si le Rassemblement tient à l’application intégrale de cet Accord, notamment en ce qui concerne le Premier ministre et le Président du CNSA, c’est parce que ces deux positions jouent un rôle déterminant quant au respect de l’Accord et quant à la garantie de la tenue effective des élections dans les délais convenus.

Souvenons-nous : par l’instrumentalisation du gouvernement, de la CENI et de la Cour Constitutionnelle Monsieur Kabila a réalisé son objectif de ne pas organiser les élections dans les délais constitutionnels.

Au risque de faire preuve de naïveté, on ne peut donc raisonnablement espérer la tenue des élections au plus tard le 31 décembre 2017 en laissant la Majorité Présidentielle seule aux commandes de l’Etat, elle qui les a bloquées et multiplie des stratagèmes pour qu’elles n’aient pas lieu avant longtemps.

A cet égard, le Rassemblement condamne avec véhémence la nomination unilatérale à la primature de Bruno Tshibala, en date du 7 avril 2017, alors qu’il a été formellement exclu de l’UDPS et donc du Rassemblement le 4 mars 2017. Cet acte, procède de la stratégie de Joseph Kabila de faire échec à l’Accord de la Saint Sylvestre, de distraire l’opinion et de gagner du temps en attendant de trouver l’opportunité de faire le référendum constitutionnel qui lui permettrait de rester au pouvoir indéfiniment.

C’est pourquoi, après que la CENCO ait recadré le débat sur les deux points restés en discussion concernant l’Arrangement particulier, le Rassemblement appelle l’autre partie prenante à s’investir, comme lui, dans la finalisation de cet instrument en vue de sa signature sous les bons offices du Secrétaire Général de l’ONU, conformément au point 7 de la résolution 2348.

Le Rassemblement lance un appel aux Chefs d’états africains, particulièrement aux Présidents de l’Union Africaine, de la SADC et de la CIRGL pour qu’ils s’impliquent aux côtés du Secrétaire Général de l’ONU, et dans le cadre de la résolution 2348 en vue d’un dénouement rapide de la crise congolaise.

Dans le même but, le Rassemblement reste disposé à rencontrer le Président KABILA pour discuter des points restés pendants, à savoir : la nomination du Premier Ministre, la présidence du CNSA et la décrispation politique.

Chers compatriotes,

Toute approche qui s’écarte de l’Accord du 31 décembre 2016 ne fait que précipiter la RDC dans le chaos, programmé par le pouvoir, et éloigne la perspective des élections au courant de cette année, unique solution démocratique et durable à la crise actuelle, fabriquée de toutes pièces par Joseph pour son confort personnel.

Aucun autre schéma que l’application rigoureuse et de bonne foi de l’Accord n’offre la possibilité d’instaurer un environnement politique apaisé et un cadre institutionnel approprié pour garantir aussi bien la tenue effective des élections comme convenu que les chances égales ainsi que le libre exercice des activités politiques à tous les partis et à tous les candidats.

Tout en restant ouvert à la recherche d’une solution compatible avec ce qui précède, le Rassemblement ne cautionnera aucune violation de l’Accord de la Saint Sylvestre, sous quelle que forme ou prétexte que ce soit.

Chers Compatriotes,

La démocratie obtenue le 24 avril 1990 a été une conquête sublimée par le sang des martyrs. Il nous appartient d’en préserver les acquis. Pour chacun de nous, c’est une exigence de rester mobilisé, engagé et vigilant. Il en va de l’intérêt fondamental des 80 millions des Congolaises et des Congolais.

Aussi, et je le répète : nous devons tous comprendre, en ce compris Joseph Kabila, que sans l'application de l'Accord, toutes les institutions de la République à mandat électif sont illégitimes. Ainsi, par ma voix, le Rassemblement demande au peuple congolais de se tenir prêt pour observer le mot d'ordre qui sera donné en temps opportun de ne pas reconnaître toutes ces institutions illégitimes.

Vive le Rassemblement
Vive la République

Je vous remercie

Félix TSHISEKEDI TSHILOMBO
Président

 

 

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