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Déclaration à la presse faite par le Conseil de sécurité sur la République démocratique du Congo

 

On trouvera ci-après le texte de la déclaration à la presse faite, aujourd’hui, par le Président du Conseil de sécurité pour le mois d’octobre, M. François Delattre (France):

Le 11 octobre, les membres du Conseil de sécurité ont entendu un exposé du Représentant spécial du Secrétaire général pour la République démocratique du Congo et Chef de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO).

Les membres du Conseil se sont de nouveau dits préoccupés par la situation actuelle sur le plan politique, humanitaire et de la sécurité compte tenu des difficultés auxquelles se heurtait la mise en œuvre de l’accord du 31 décembre 2016, de la dégradation des conditions de sécurité, en particulier dans la région du Kasaï et dans l’est du pays, de l’augmentation des violations des droits de l’homme, des atteintes à ces droits et des violations du droit international humanitaire dans le pays, ainsi que de leurs conséquences humanitaires, qui touchent les femmes et les enfants de manière disproportionnée.  Ils ont souligné la nécessité d’accorder plus d’attention à la situation humanitaire.

 

Les membres du Conseil ont dit craindre que la République démocratique du Congo et la région ne soient exposées à un risque accru d’insécurité et d’instabilité si les acteurs politiques ne faisaient pas preuve de bonne foi et d’une volonté politique renouvelée d’honorer les promesses qu’ils avaient faites à la population le 31 décembre 2016.  Ils ont demandé à tous les partis politiques, à leurs sympathisants et aux autres acteurs politiques de garder leur calme et de s’abstenir de recourir à quelque forme de violence que ce soit.  Les membres du Conseil de sécurité ont réaffirmé leur volonté d’agir en conséquence envers tous les acteurs congolais dont les actions et les déclarations entraveraient la mise en œuvre de l’accord et l’organisation des élections.

Les membres du Conseil de sécurité ont également réaffirmé leur appui aux efforts déployés par le Représentant spécial du Secrétaire général, la MONUSCO, l’Union africaine et les organisations régionales pour garantir la mise en œuvre intégrale de l’accord du 31 décembre 2016, conformément à sa résolution 2348 (2017). Ils ont engagé les partenaires de la République démocratique du Congo à continuer d’appuyer les efforts sincères que faisaient les parties prenantes nationales pour mettre intégralement en œuvre l’accord.  Ils ont pris note du communiqué adopté lors du septième sommet de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, le 19 octobre 2017.

Les membres du Conseil de sécurité ont réaffirmé que la mise en œuvre effective, rapide et opportune de l’accord du 31 décembre 2016 était essentielle à un processus électoral crédible et à la paix et à la stabilité de la République démocratique du Congo, ainsi que pour appuyer la légitimité des institutions chargées de la transition, puisque cet accord offrait une feuille de route réaliste pour la tenue d’élections présidentielle et législative inclusives, pacifiques et démocratiques.  Ils ont demandé qu’un calendrier électoral réaliste soit publié d’urgence, dans le respect de l’esprit de consensus qui avait prévalu lors de la signature de l’accord.  Ils ont à nouveau demandé que soient intégralement appliquées les mesures de confiance convenues au chapitre V de l’accord du 31 décembre 2016, dont certaines n’avaient toujours pas été mises en vigueur.

Les membres du Conseil se sont félicités des mesures prises par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), en vue d’achever l’inscription sur les listes électorales, avec l’appui actif de la MONUSCO. Ils se sont félicités de l’offre faite par la Communauté de développement de l’Afrique australe, l’Organisation internationale de la Francophonie, l’Union africaine et l’Union européenne, ainsi que l’ONU en vue de la constitution d’une équipe coordonnée d’experts pour appuyer la préparation des élections et veiller notamment à ce que les femmes y participent pleinement, sur un pied d’égalité.

Les membres du Conseil ont demandé de nouveau à tous les acteurs congolais d’œuvrer à la préservation des gains encore fragiles, obtenus sur la voie de la paix et de la stabilité en République démocratique du Congo; ils ont souligné la responsabilité que porte chacune des parties politiques congolaises, notamment pour ce qui est de surmonter les divergences afin de parvenir à un consensus et de protéger les intérêts et le bien-être du peuple par-dessus tout; ils ont exhorté fermement toutes les parties concernées à redoubler d’efforts pour faire en sorte que tous les signataires de l’accord participent à sa mise en œuvre.

Les membres du Conseil ont réaffirmé qu’il incombait au premier chef au Gouvernement de la République démocratique du Congo de protéger les civils sur son territoire; ils ont souligné qu’il importait de respecter pleinement les droits de l’homme et de redoubler d’efforts pour lutter contre l’impunité en République démocratique du Congo, notamment au vu du meurtre présumé de civils par des acteurs étatiques et non étatiques et du recours disproportionné à la force par des membres des forces de sécurité.  Ils ont souligné qu’il importait d’ouvrir de toute urgence des enquêtes promptes et transparents sur les violations du droit international humanitaire et des violations des droits de l’homme et d’atteintes à ces droits dans la région du Kasaï.  Ils ont déclaré à nouveau leur intention de suivre de près la progression des enquêtes sur ces violations et atteintes, y compris les enquêtes menées conjointement par le Gouvernement de la République démocratique du Congo, la MONUSCO et le Bureau conjoint des Nations Unies pour les droits de l’homme en République démocratique du Congo, afin de faire traduire en justice et de faire répondre de leurs actes tous les responsables.

Les membres du Conseil se sont dits inquiets de la recrudescence des activités des groupes armés dans l’est de la République démocratique du Congo, y compris la flambée récente de violence contre les populations locales et les forces armées de la République démocratique du Congo, ce qui a aggravé les violences interethniques et suscité de nouveaux déplacements.  Ils ont souligné qu’il fallait de toute urgence accorder un accès sûr et sans entrave aux agents humanitaires.

Les membres du Conseil ont pris note de l’examen stratégique de la MONUSCO.  Ils se sont félicités de ce qu’il porte principalement sur deux priorités énoncées par le Conseil dans sa résolution 2348 (2017), ainsi que sur la nécessité de veiller à accroître l’efficacité de la Mission, et ils ont accepté d’examiner de près les recommandations formulées par le Secrétaire général.  Ils ont déclaré à nouveau leur plein soutien au Représentant spécial du Secrétaire général et à la MONUSCO.  Les membres du Conseil sont conscients des contraintes financières auxquelles la Mission fait face.

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